Les retranchements du Cap d’Erquy

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La présence de fortifications antiques au Cap d’Erquy est connue depuis très longtemps et dès 1787, un plan cadastral, conservé aux Archives départementales des Côtes-du-Nord, porte mention de « Retranchements des Romains » en cet endroit (R. Sancier, 1964, 393). L’abondance de vestiges d’époque romaine sur le territoire de la commune d’Erquy, souvent identifiée à la Reginea de la Table de Peutinger, explique cette assimilation que nombre d’auteurs aussi bien que la tradition locale ont entretenue jusqu’à nos jours. Les ruines de villas, de murs et même d’un temple furent décrites assez tôt et l’on retrouve dans le Manuscrit du Président de Robien ou dans L’Antiquité expliquée de Dom Bernard de Montfaucon, des notes et croquis de Dom Lobineau (Bizeul, 1851, 55). Par contre les retranchements du Cap ne furent le plus souvent décrits que très brièvement. Habasque (1836, 125) parle d’un « camp de César » et les différentes descriptions postérieures, de Jollivet ou de G. de La Chènelière entre autres, seront assez peu étoffées. Seul l’infatigable voyageur et observateur que fut le baron Bachelot de La Pylaie (Gillot, 1953) est plus prolixe et sa relation de 1842 est la seule à mentionner nettement la présence de deux retranchements successifs. Enfin, parmi toutes ces descriptions anciennes, Gaultier du Mottay (1885, 242) classe pour la première fois ces fortifications « assez singulières » à la période celtique. Tout cela explique peut-être pourquoi le site d’Erquy fut oublié dans l’enquête menée par Sir Mortimer Wheeler, en 1938 et 1939 (1957), sur les fortifications gauloises du Nord-Ouest de la France.

Jusqu’à ces dernières années, une abondante végétation, pinède et landes, recouvrait l’extrémité du Cap. De plus, sur le flanc sud du promontoire, l’intense exploitation des fameux poudingues et grès rouges, actuellement attribués au Dévonien, avait amené de nombreux déblais de carrière qui venaient se confondre avec les retranchements et compliquaient encore leur observation.

En 1964, un violent incendie ravagea la partie occidentale du Cap et eut pour seul avantage de révéler plus nettement l’ossature des ouvrages, notamment celle du retranchement le plus proche de la pointe. Divers observateurs s’intéressèrent de nouveau à ces vestiges, dont R. Sancier, qui publia une description du site précédée de recherches bibliographiques.


Fouilles de 1967 du Fossé Catuélan
Pierre-Roland Giot, Jacques Briard et Michael Avery
Annales de Bretagne, tome 75, numéro 1, 1968, pages 67 à 84.
https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1968_num_75_1_2437

Fouilles de 1968 au fossé de Pleine-Garenne
Pierre-Roland Giot et Jacques Briard
Annales de Bretagne, tome 76, numéro 1, 1969. pages 21 à 36.
https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1969_num_76_1_2499